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SOUVENIRS


À l’Abbé E. Fréour


Ami, t’en souviens-tu, de nos rêves d’antan,
Quand nous allions errer sous les ombrages calmes,
Et que nous regardions flotter, comme des palmes,
Les rameaux inclinés dans l’eau du large étang ?

Nous étions des enfants épris des grands poètes.
Nous aimions les sommets pour le vaste horizon,
Et nous sentions déjà l’approche du frisson
Qui fait jaillir le chant des âmes inquiètes.