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signala la duplicité d’Henri Perret. Dans son n° 5 (1er mai), — qui fut le premier numéro imprimé typographiquement, l’accroissement du nombre des abonnés nous ayant permis de renoncer à l’autographie, — on lit ce qui suit :


Le journal l’Égalité, rédigé par M. Outine, bourgeois russe qui vit de ses rentes à Genève et occupe ses loisirs à insulter tous les révolutionnaires qui vivent de leur travail, le journal l’Égalité, disons-nous, a trouvé plaisant, à propos du procès Bebel-Liebknecht, d’insulter la Fédération jurassienne et son Comité fédéral, — qu’il appelle agréablement les grands prêtres de Sonvillier, — en représentant cette Fédération comme pactisant avec les agents de Bismarck ! !

Il y a des choses auxquelles la dignité défend absolument de répondre, et les injures de l’Égalité sont de ce nombre... Mais ce que nous ne comprenons pas, ce sont les éloges que cette même Égalité ose nous adresser avec le plus effronté cynisme, dans d’autres numéros où elle trouve politique de faire vibrer une autre corde... Cependant l’Égalité le sait bien : les Sections des graveurs au Locle et au Vallon de Saint-Imier appartiennent à la Fédération jurassienne ; le président du Comité central des graveurs, à la Chaux-de-Fonds, est un des membres les plus connus de la Fédération jurassienne ; et les grands prêtres de Sonvillier, les compères de Bismarck, savez-vous qui c’est ? Ce sont deux ouvriers graveurs, deux ouvriers guillocheurs et un ouvrier monteur de boîtes (ces cinq membres forment le Comité fédéral jurassien) ; et ce sont ces deux graveurs et ces deux guillocheurs qui ont organisé l’agitation au Vallon de Saint-Imier pour combattre l’action des patrons pendant la grève.

Oui, tout le monde sait cela chez nous ; aussi, en lisant l’Égalité, on hausse les épaules ou on se détourne avec dégoût. Mais on ne le sait pas en Belgique, en France, en Allemagne ; et les intrigants de Genève spéculent là-dessus pour le succès de leurs calomnies.

Ah ! que le Congrès général vienne seulement ! Et quand nous nous verrons là face à face, le jour se fera pour tout le monde, et les menteurs passeront un mauvais quart d’heure.


Un autre article prenait directement à partie Henri Perret :


On demande comment Henri Perret, secrétaire du Comité fédéral romand à Genève, et qui par conséquent est solidaire de tout ce qui s’imprime dans l’Égalité, — comment Henri Perret, disons-nous, a pu siéger au Congrès des graveurs [1], comme délégué, côte à côte avec Auguste Spichiger, délégué des graveurs et guillocheurs du Locle, membre de la Fédération jurassienne ; côte à côte avec Adhémar Schwitzguébel, délégué des graveurs du Vallon de Saint-Imier, secrétaire du Comité fédéral jurassien et, par conséquent, l’un des grands prêtres de Sonvillier [2] ? On demande comment il a pu serrer la main à ces deux compagnons, leur témoigner son estime et son amitié, quoiqu’il les eût laissé insulter chaque semaine depuis un an dans l’Égalité, et qu’il dût les laisser insulter de nou-

  1. Voir plus haut. p. 262.
  2. Trois des délégués au Congrès des graveurs à Genève — Adhémar Schwitzguébel de Sonvillier, Alfred Jeanrenaud de Saint-Imier et Auguste Spichiger du Locle — sont des signataires de la circulaire du Congrès jurassien de Sonvillier. (Note du Bulletin.)