Ouvrir le menu principal

Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/568

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rapport traitait, en terminant, de la question de l’organisation et de la fédération des sociétés de métiers, de la question de la propagande, et, enfin, des rapports de notre Fédération avec celles des pays voisins et avec le Conseil général.

Le langage mesuré de ce rapport, l’élévation des vues qui y étaient exprimées, le sens juste et profond des réalités qui s’y manifestait à chaque ligne, frappèrent vivement ceux des assistants qui se trouvaient pour la première fois en contact avec les ouvriers de nos Montagnes ; et la Révolution sociale, en reproduisant dans son n° 4 ce remarquable document, le caractérisa en ces termes (l’article est de Lefrançais) :


Nous nous garderons bien d’analyser ce rapport... ; nous laissons aux lecteurs de notre journal [le soin] d’en apprécier la sincérité et la véritable valeur. Cette lecture donnera la mesure exacte de ce qu’on peut attendre de dévouement et d’intelligence pratique de la part des adhérents à la Fédération jurassienne.


Marx, dans sa brochure Les prétendues scissions, etc. (pages 32 et 34), a fait des gorges chaudes de cette phrase ; le « dévouement » et « l’intelligence pratique » des ouvriers jurassiens ont servi de thème à ses aimables plaisanteries. J’ai souvent regretté que Marx n’ait pas eu l’occasion de venir — comme l’ont fait Bakounine, Lefrançais, Kropotkine, Cafiero et tant d’autres — faire personnellement la connaissance des populations ouvrières de nos Montagnes. Je suis persuadé que s’il avait séjourné quelques semaines parmi nous, ses préventions injustes se seraient dissipées ; malgré les divergences théoriques, malgré les vues opposées sur la tactique, il aurait reconnu en nous les véritables propugnateurs du socialisme ouvrier ; il aurait rougi de s’allier avec nos adversaires, des Coullery, des Grosselin, des Henri Perret, des Outine, lorsqu’il les aurait vus à l’œuvre sur leur terrain d’opérations ; et les scandales du Congrès de la Haye auraient peut-être été évités.


Le Congrès nomma ensuite des commissions chargées de faire rapport sur chacun des points de son ordre du jour : la Conférence de Londres et les actes du Conseil général ; la réorganisation de la Fédération et la revision de ses statuts ; le projet d’un Congrès ouvrier suisse. Sur la proposition des délégués de Genève, il ajouta à cet ordre du jour une question de plus, celle d’un organe à créer pour la Fédération. Puis la séance fut levée.

La commission chargée de rapporter sur les actes du Conseil général et de la Conférence de Londres avait été composée de trois membres : Hofer, délégué de Moutier, Joukovsky, délégué de Genève, et moi. Nous avions tenu à placer Hofer dans cette commission pour que le délégué de la Section de Moutier (Section que des influences adverses avaient déjà cherché à plusieurs reprises à séparer de nous) se trouvât associé, aux yeux de tous, à l’acte le plus important du Congrès, à celui par lequel nous allions lever le drapeau de l’insurrection contre les décisions de la