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sens, puisque l'impôt prélevé sur les citoyens en fait les frais ; mais que l'enseignement est indispensable, et que nul père de famille n'a le droit d'en priver ses enfants : le Congrès n'accorde à l'État que le droit de se substituer au père de famille, alors que celui-ci est impuissant à remplir son devoir. En tout cas, tout enseignement religieux doit être écarté du programme. (La rédaction de ce paragraphe est due à Tolain ; la commission avait présenté cette autre rédaction : « Liberté de l'enseignement, tout en approuvant l'enseignement obligatoire et gratuit par l'État ».)

4. Le Congrès est d'avis qu'une langue universelle et une réforme de l'orthographe serait un bienfait général, et contribuerait puissamment à l'unité des peuples et à la fraternité des nations. (L'introduction, dans ce paragraphe, des mots « une langue universelle » est due à Walton.)


6e QUESTION. — Définition et rôle de l'État. — Services publics, transports et circulation. — Intérêts collectifs et individuels. — L'État considéré comme justicier et gardien des contrats. Droit de punir.

1. L'État n'est ou ne devrait être que le strict exécuteur des lois votées et reconnues par les citoyens.

2. Les efforts des nations doivent tendre à rendre l'État propriétaire des moyens de transport et de circulation, afin d'anéantir le puissant monopole des grandes compagnies...

3. Nous formulons le vœu que l'homme coupable soit jugé par des citoyens nommés par le suffrage universel.


7e QUESTION. — La privation des libertés politiques n'est elle pas un obstacle à l'émancipation sociale des travailleurs, et l'une des principales causes des perturbations sociales ? Quels sont les moyens de hâter ce rétablissement des libertés politiques ?

Sur la première partie de la question, le Congrès, considérant que la privation des libertés politiques est un obstacle à l'instruction sociale du peuple et à l'émancipation du prolétariat, déclare :

1° Que l'émancipation sociale des travailleurs est inséparable de leur émancipation politique ;

2° Que l'établissement des libertés politiques est une mesure première d'une absolue nécessité.

Sur la seconde partie de la question, le Congrès décide :

1° De renouveler solennellement chaque année la déclaration qui précède ;

2° De donner communication officielle de cette déclaration à tous les membres de l'Association internationale des travailleurs, ainsi qu'à ceux du Congrès de la paix, en leur demandant leur concours énergique pour investir enfin tous les peuples des droits imprescriptibles de 1789.


La septième question avait été mise à l'ordre du jour du Congrès à la demande d'une assemblée populaire tenue à Genève quelques jours auparavant. Elle devait, dans l'intention des délégués genevois, servir en quelque sorte de pierre de touche pour éprouver la sincérité républicaine de certains délégués parisiens, sur lesquels planait depuis l'année précédente