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Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/348

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IV. — Caisses de résistance.

« Le Congrès, conformément aux résolutions prises au Congrès international de Bâle sur ce sujet, recommande à toutes les sociétés de métier de créer dans leur sein des caisses de résistance, et de constituer le plus promptement possible des fédérations corporatives régionales. »


Un Règlement fédératif des caisses de résistance fut adopté par le Congrès. En voici les dispositions essentielles : Le Comité fédéral forme le centre reliant entre elles les caisses fédérées ; — Chaque Section conserve la libre gestion de sa caisse de résistance ; — Quand une Section veut faire grève, elle doit soumettre ses motifs au Comité fédéral ; si la grève est approuvée par ce Comité, les grévistes acquièrent le droit aux subsides ; si le Comité fédéral refuse son approbation, la Section a le droit d'en appeler directement aux autres Sections, et si la majorité de celles ci se prononce en faveur de la grève, le droit aux subsides est acquis ; — Les subsides sont réglés comme suit : sur un premier appel, chaque caisse verse un franc par membre cotisant; sur un second appel, second versement d'un franc par membre ; après ces deux appels, si des fonds sont encore nécessaires, chaque caisse fixe elle-même le chiffre des nouveaux subsides ; — Si une corporation non encore adhérente à l'Internationale et au lien fédératif se met en grève et demande des secours, le Comité fédéral pourra engager les caisses de résistance à la soutenir : dans chaque cas, chaque caisse décidera elle-même ce qu'elle jugera à propos de faire ; les subsides votés en faveur de corporations non adhérentes ne sont accordés qu'à titre de prêt ; mais si ces corporations adhèrent ensuite à l'Internationale et au lien fédératif, elles seront dispensées du remboursement des sommes qu'elles auront reçues, ce remboursement étant remplacé par la réciprocité des subsides.


V. — Coopération.

« Le Congrès romand,

Considérant que la coopération de production ne peut pas se généraliser dans la société actuelle, parce que si, d'un côté, quelques travailleurs peuvent, par leurs propres épargnes ou avec le secours des autres travailleurs, être mis en possession de leurs instruments de travail, il est impossible, d'un autre côté, de procurer les instruments de travail à la totalité des travailleurs, à moins d'exproprier les détenteurs des capitaux ;

Que cette impossibilité est surtout évidente lorsqu'il s'agit des grands instruments de travail, l'usine, la mine, la terre ; et qu'ainsi les corps de métier les plus souffrants sont précisément ceux qui peuvent le moins actuellement se constituer en coopération ;

Qu'ainsi, tandis que la plus grande partie des travailleurs resteraient misérables, une minorité, enrichie par la coopération, irait augmenter les rangs de la bourgeoisie ;

Considérant en outre que la coopération de consommation, lorsqu'elle est fondée sur des bases réellement socialistes, sans aucun avantage réservé au capital, peut avoir une utilité relative pour soulager la misère de quelques travailleurs, pour les grouper et les organiser ;

Mais que néanmoins la coopération de consommation, si elle se généralisait dans l'état actuel de la société, de manière à procurer à la totalité des travailleurs la vie à meilleur marché, aurait pour résultat un abaissement général des salaires, le salaire n'étant que