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hommes les plus avancés du Locle. J'ai toujours dit à Michel que la Section publique de l'Alliance à Genève était une bêtise, et que vous auriez dû tenir cette organisation secrète ; il prétendait que c'était impossible ; je lui répondis que nous, du moins, nous ferions ainsi ; qu'une Alliance publique serait la mort de l'Internationale au Locle, en créant un germe de division, tandis qu'une Alliance secrète stimulerait la vie.

Vous connaissiez les noms de notre groupe et vous les avez inscrits, à notre insu, sur votre liste de membres de l'Alliance de Genève. Il y a eu malentendu, voilà tout.

Pour que ma conduite ne prête pas à l'équivoque, je suis prêt à donner ces explications au Conseil général ; il n'y a en effet aucun mal à lui avouer cette tentative d'organisation secrète. Il verra par là combien peu nous étions sous le joug d'une dictature, puisqu'il y avait si peu d'unité et d'entente entre nous. Quant à Adhémar, je crois que lui et ses amis ont réellement fait partie de l'Alliance publique de Genève, et qu'ils n'avaient pas agi comme nous au Locle ; cependant je ne puis pas l'affirmer.


Voici les résolutions votées par le Congrès romand collectiviste :


I. — Révision du règlement fédéral.

Le Congrès décida de maintenir pour cette année le règlement fédéral dans son intégrité, afin de bien marquer qu'il n'y avait dans l'esprit de la majorité aucun désir d'innover, et de bouleverser, comme on pouvait être tenté de l'en accuser, les bases sur lesquelles reposait la Fédération romande. Il n'y apporta qu'une seule modification, qui ne touchait aucunement au fond ni à l'esprit du règlement : dans l'article 28, qui disait : « Le Comité fédéral est composé de sept membres, élus pour un an par le Congrès des Sections romandes, et choisis dans une fédération locale », le Congrès supprima les mots et choisis dans une fédération locale, afin de pouvoir prendre une partie des membres du Comité dans la Section de la Chaux-de-Fonds et une partie dans la Section du Locle.


II. — Révision du règlement du journal.

Au lieu de composer la Commission administrative du journal d'un délégué de chacune des Sections de la Fédération, le règlement revisé disposa que cette Commission serait composée de cinq membres nommés dans une Section désignée par le Congrès romand ; ces cinq membres durent être élus par la Section désignée, sous réserve de la ratification du Comité fédéral ; mais chaque Section eut le droit d'envoyer au sein de la Commission un délégué avec voix consultative.

En outre, le règlement remplaça le Conseil de rédaction, « dont la responsabilité était illusoire », dit Schwitzguébel dans son rapport, par un rédacteur unique, « dont la responsabilité serait réelle » ; et pour éviter de donner par là au journal une couleur personnelle, le Congrès adjoignit au rédacteur six collaborateurs, et chaque Section fut invitée à désigner des correspondants. Une indemnité devait être allouée au rédacteur, ainsi qu'au comptable-expéditeur.


III. — Propagande.

Le Congrès, considérant que pour rendre la propagande active et efficace, une direction centrale était nécessaire, décida de donner au Comité fédéral les pleins pouvoirs nécessaires pour cet objet ; les frais devaient être couverts au moyen de contributions volontaires.