Ouvrir le menu principal

Page:James Guillaume - L'Internationale, I et II.djvu/318

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


coopération au prolétariat comme un moyen d'émancipation, — bien plus, comme l'unique moyen d'émancipation. « La coopération — pour nous servir des termes mêmes de l'Adresse du Conseil général belge aux travailleurs lyonnais — ne peut évidemment pas aboutir à transformer radicalement la société. Nous déclarons que nous ne considérons pas l'extension et la généralisation des sociétés coopératives comme pouvant constituer la transformation sociale, comme devant réaliser l'affranchissement intégral du prolétariat. »

Enfin, sur la troisième question : Quelle doit être l'attitude des travailleurs dans la question politique et vis-à-vis des gouvernements, on connaît notre opinion. Les expériences que nous avons faites chez nous, et dont nous venons de parler, nous ont démontré que les travailleurs ne doivent avoir d'autre politique que l'organisation de l'Internationale et la propagande socialiste, et qu'ils doivent s'abstenir complètement de prendre part aux luttes des partis politiques bourgeois. C'est aussi l'opinion de nos amis belges, comme on a pu le voir par la première moitié de l'Adresse de leur Conseil général, qui a paru dans notre numéro passé. C'est aussi l'opinion des socialistes français, à Paris, à Lyon, à Marseille ; ils ont rompu avec la démocratie radicale, ils ont vu que les hommes de la gauche, ces soi-disant républicains, sont les pires ennemis des travailleurs, et qu'il n'y à rien à attendre des revendications parlementaires. C'est aussi l'opinion de nos amis espagnols, comme on l'a vu par la correspondance de Barcelone que nous avons publiée. C'est l'opinion des Italiens, de ces courageux Autrichiens que le ministère libéral emprisonne, de ces socialistes russes que notre gouvernement suisse fait rechercher pour les livrer à leurs bourreaux ; c'est l'opinion enfin de l'immense majorité de l'Internationale. Nous espérons que ce sera aussi celle du Congrès romand.



FIN DU TOME PREMIER