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— C’est le bonheur de Martial qui me fait souffrir de ma propre solitude, pensais-je. Ce n’est que cela…

N’était-ce que cela ? Quelques jours après, je devais bien voir que non.

Le mariage était décidé pour le 7 septembre. On passait son temps en pourparlers, en courses, en achats. Tout retentissait de colloques, de bruits de voitures, de repas pris en commun. Les deux familles s’épuisaient en caquets et en révérences ; comme des cartes de nouvel an, elles échangeaient leurs mensonges, leurs oncles gâteux, leurs centenaires représentatifs, leurs espérances de décès fructueux. Au milieu de cette extraordinaire animation, seuls, Martial et Wanda paraissaient graves.

Je rencontrai, un jour, Mlle de Vionayves dans une allée.

— Venez vous promener avec moi, dit-elle. Je suis abandonnée. Martial est à Paris.