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nouvelles raisons et par plusieurs autoritéz. Mais afin que ce traitté leur soit utile sans être ennuyeux, il faut finir en conjurant celles qui se piquent d’honnesteté et de vertu, de prendre garde que par leurs nuditéz elles se conforment si fort aux courtisanes, qu’il n’y a presque que Dieu seul qui puisse connoître la différence qui est entre les unes et les autres. Pourquoy imitent-elles dans la manière de s’ajuster celles dont elles condamnent les actions, ou plûtost pourquoy imitent-elles les actions et l’extérieur de celles dont elles blâment le dérèglement et la conduite. Elles leur sont semblables en ce qui paroit, et prétendent leur être fort dis semblables en ce qui ne paroît pas. Quel juge ment peuvent en faire les hommes qui ne jugent que sur ce qu’ils voyent ?

LXVIII. Ne doivent-elles pas trembler sçachant que de temps en temps plusieurs Prélats ont ordonné qu’on refusât les Sacremens de la Pénitence et de la Communion à toutes les filles et à toutes les femmes indifféremment qui auroient les bras, la gorge et les épaules découvertes, et qu’ils leur ont deffendu sous peine d’excommunication de venir en cet état au pied des Autels, et même d’entrer dans les Eglises.

LXIX. Ne doivent-elles pas frémir de crainte