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d’autant plus funeste à ces filles et à ces femmes, qu’il leur cache leur propre foiblesse et leur propre incontinence.

XXXII. Qu’elles sçachent que si les hommes sont foibles, elles le sont aussi, et qu’elles ne sont pas moins incontinentes qu’eux. Qu’elles considèrent qu’en même temps qu’elles tentent les hommes, elles s’exposent à être tentées par les hommes. Elles les tentent par la beauté de leur gorge, elles s’éxposent à être tentées par leur cajolerie et parleur complimens, elles leur inspirent une passion déshonneste, ils leur expriment l’ardeur de la passion qu’ils ressentent ; elles les ont charméz parles yeux, ils les enchantent par les oreilles ; ils leur rendent, pour ainsi dire, l’amour qu’elles leur avoient donné, et elles le reçoivent toujours avec plaisir ou sans répugnance, comme une chose qui vient originairement d’elles aussi bien que d’eux, et qui est un effet de leur mérite et de leur beauté.

XXXIII. Vantez-vous donc tant qu’il vous plaira d’être fortes et d’être chastes, ô femmes du siècle, qui découvrez si librement et si hardiment votre sein , glorifiez-vous d’être insensibles à la bonne mine, à la galanterie, à l’éloquence, à la probité, à la magnificence, en un mot à tout ce qu’il y a de charmant dans les