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ce qu’elles ont promis dans leur baptême, après ce que Jésus-Christ et les Apôtres leur ont ordonné, après ce que l’Église leur a prescrit, elles ne sçavent qu’il est de leur devoir d’être et de paroître chastes, et de justifier l’innocence de leurs mœurs par une modestie extérieure ? Ne sont-elles pas coupables d’une ignorance affectée, qui est sans doute la plus funeste des ignorances, si au préjudice de la promesse qu’elles ont fait à Dieu dans leur baptême, et scachant que Jésus-Christ, les Apôtres, l’Église les Prédicateurs, les Confesseurs, les Docteurs, et généralement toutes les personnes de piété condamnent ces nuditéz, elles s’imaginent pouvoir sans crime les approuver par leurs déportements et par leur conduite ?

XIV. Lorsque l’Écriture sainte leur apprend que la première femme toute criminelle qu’elle étoit eut honte de se voir nue, ne leur enseigne t-elle pas qu’elles ne peuvent être innocentes et se plaire à faire paroître leur nudité. Lorsque l’Ecriture nous propose une femme mondaine qui marche la gorge découverte, comme le modèle des pécheresses, ne leur reproche-t-elle pas le péché qu’elles commettent en montrant leur sein, lorsque l’Ecriture commande aux filles et aux femmes de se couvrir la teste et le visage d’un voile, ne leur ordonne-t-elle pas à