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d’être les disciples des démons et les singes des femmes payennes, de préferer les désordres du Paganisme aux règles de l’Évangile, et de vouloir continuer les abus que Jésus Christ a voulu abolir.

X. L’on peut même assurer que quand elles présument d’amoindrir leur péché en disant qu’il n’est qu’une suite et qu’un effet ordinaire d’une longue coutume, elles avouent contre leur intention, qu’elles s’exposent à une punition plus prompte et plus grande. Car qui ignore que plus une mauvaise coutume est ancienne, plus elle a irrité la colère de Dieu, et qui sçait si Dieu enfin lassé de voir depuis si longtemps des filles et des femmes chrétiennes qui font honte à leur religion par leurs nuditéz, et qui tâchent de renouveler une espèce d’idolâtrie en cherchant des adorateurs, et en se montrant dans les temples ornées et nues comme des idoles ? Qui scait, dis-je, si Dieu lassé de tous ces désordres ne changera point sa patience en fureur, et si après avoir pardonné jusqu’à pré sent à celles qui les ont commis, il n’immolera pas à sa justice celles qui les commettent main tenant ?

XI. C’est donc en vain encore une fois que les filles et les femmes qui font profession du christianisme allèguent comme une excuse à