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dre Dieu, l’immodestie nous en éloigne, si la modestie est une grande disposition à vivre Chrétiennement, l’immodestie y est un puissant obstacle, et il me semble que le docte Affricain avoit raison de donner le nom de filles de Dieu aux femmes qui n’alloient dans les places publiques et dans l’Eglise que le sein couvert et la face voilée, et de nommer filles des hommes celles qui affectoient de découvrir leur visage et leur sein.

XXXVI. Nous lisons dans la Genèse, que Dieu même fit des vêtemens de peau à Adam et à Eve, pour nous faire connoître que leur nudité luy déplaisoit. Nous apprenons de l’Histoire Ecclésiastique, que plusieurs Saints ayant de la répugnance à dépouiller une partie de leur corps pour passer de petites rivières, Dieu les a miraculeusement transportéz à l’autre bord pour montrer combien il approuvoit leur pudeur. Que peut-on inférer de là si ce n’est que les femmes, qui s’étudient à couvrir modestement leur sein, leurs bras et leurs épaules sont animées de l’Esprit de Dieu, et que celles qui affectent de les découvrir sont séduites par un esprit contraire, c’est-à-dire par l’esprit du démon ou du monde son disciple ; que Dieu condamne toute nudité de corps, et que le démon l’approuve, que Dieu bénit et