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nudité d’où il ne vous peut venir aucun bien, et qui peut vous causer beaucoup de maux. Ecoutez les instructions de votre conscience, et elle vous fera comprendre que vous ne pouvez sans une espèce de crime affecter de paroître à demi-nues, puisque la nature même vous inspire de la crainte, de l’aversion, et même de l’horreur pour la nudité.

XXXIII. Que si vous voulez consulter votre Religion, elle vous enseignera que tout ce qui se fait par un esprit de vanité ou de concupiscence, par un motif d’amour propre et de complaisance pour soy-même, ne peut-être agréable à Dieu, qui nous ordonne d’être chastes et d’être humbles, qui nous commande de nous mépriser et de nous haïr nous-mêmes. Elle vous enseignera qu’une fille et qu’une femme Chrétienne doit se faire connoître autant par sa pudeur et par sa modestie que par sa foy : et comme elle doit plus songer à plaire à Dieu qu’aux hommes, et ne se découvrir qu’à Dieu ; elle vous dira que si toute la gloire du monde est vaine et méprisable, celle que vous recherchez par la nudité de votre sein et de vos épaules, l’est plus que toutes les autres, non seulement, parce qu’elle n’est fondés que sur la beauté de vôtre corps, mais encore parce que vous la recherchez par une