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honte à des femmes Chrétiennes d’avoir moins de pudeur et de modestie que des femmes débauchées et idolâtres. Celles-là ne vouloient paroître en public que voilées, afin qu’on ne pust pas même douter de leur vertu, celles-cy veulent paroitre la gorge nue sans se soucier de risquer leur vertu, et de donner un juste sujet de croire qu’elles méprisent les maximes de leur religion. Les unes et les autres sçavent que c’est pour elles une marque de pureté que de couvrir leur sein. Les femmes idolâtres le cachent, les femmes Chrétiennes le découvrent ; que peut-on inférer de là si ce n’est qu’en cette rencontre, les femmes idolâtres paroissent Chrétiennes, et les femmes Chrétiennes idolâtres ? Que peut-on conclure si ce n’est ce que Tertullien en a conclu, qu’au jugement dernier les femmes payennes s’esleveront contre ces femmes Chrétiennes pour les accuser et les convaincre d’immodestie , pour demander leur condamnation, et peut-être pour l’obtenir ?

XXVI. Il est temps enfin que ces femmes mondaines sortent de leur erreur et quittent leur mauvaise coutume, si elles ne sont pas touchées de repentir voyant l’injure qu’elles font à leur Religion et le dommage qu’elles causent à leur prochain ; si elles n’ont aucun