Page:Jacques Boileau - De l abus des nudites de gorge, Duquesne, 1857.djvu/22

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’imprudence à regarder ce qu’il ne nous est pas permis de souhaiter, et si nous voulons conserver la tranquillité de notre esprit et l’innocence de notre cœur, ne regardons jamais volontairement ces nuditez en quelque lieu que nous soyons, mais surtout dans l’Eglise.

XVI. Si les Chrétiens doivent se faire connoïtre par leur modestie, suivant la doctrine de l’Apôtre, c’est principalement lors qu’ils sont dans la maison de Dieu où ils ne se rendent que parce qu’ils sont Chrétiens ; c’est là qu’ils doivent faire un pacte avec leurs yeux, non seulement de ne point regarder les femmes, mais de ne rien regarder, et de même que celuy qui court dans la lice ne détourne point sa veue d’un côté ni d’autre, mais a ses yeux toujours attachéz au but où il tend ; celuy qui prie dans l’Eglise (car on n’y doit venir que pour prier, comme on n’entre dans la lice que pour courir) celuy dis-je qui prie dans l’Eglise doit estre si fort attentif à ce qu’il fait, qu’il doit s’abstenir de regarder les objets qui l’environnent, de crainte que son cœur ne suive ses regards, et que son esprit ne s’éloigne insensiblement de celuy qu’il prie.

XVII. Nous nous trompons nous mêmes si nous croyons n’estre pas obligéz de régler nos regards par une circonspection sage et mo-