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II. Nous voyons par une funeste expérience que le monde approuve les nuditéz en la personne des femmes, nous pouvons donc hardiment les désaprouver, ou plutost nous devons les condamner, et nous opposer avec d’autant plus de zèle à cet abus criminel, qu’il est appuyé par un long usage et qu’il a passé en coutume. En effet ce mal est si grand et si contagieux, qu’il est devenu commun presque à toutes les femmes et à toutes les filles de toutes sortes de conditions, et qu’il a pour ainsi dire répandu son venin en toutes sortes de lieux.

III. Ce n’est pas seulement dans les maisons particulières, dans les bals, dans les ruelles, dans les promenades, que les femmes y paroissent la gorge nue, il y en a qui par une témérité effroyable viennent insulter à Jésus Christ jusqu’au pied des Autels, et comme si le démon se vouloit servir d’elles non seule ment pour prophaner la sainteté des Eglises, mais pour en violer l’immunité ; elles y viennent blesser les yeux des plus innocens et des plus justes, et donner la mort à ceux qui sont encore foibles et chancelans dans la vertu. Les hommes se retirent dans les Temples comme dans des aziles où Satan n’ose presque les attaquer, et où bien souvent il ne peut les