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lique. Après avoir assez timidement condamné l’hitlérisme avant son arrivée au pouvoir, les évêques réunis à Fulda en juillet 1935 ont renouvelé solennellement cet anathème. Le Führer se brisera-t-il « sur cette pierre » ou bien ira-t-il à Canossa ?

Cependant, il faut reconnaître qu’au point de vue politique, recueillant la succession d’un des plus habiles hommes d’État de l’Allemagne, de Stresemann, Hitler s’est montré beaucoup plus adroit qu’on ne feignait de le croire. Ses brutalités calculées, ses audaces, ses « finasseries » l’ont servi, et ont servi son pays. Il efface peu à peu les dernières traces de la défaite, étant donné que son mouvement est né de la conviction, puissante dès l’origine dans l’esprit des Allemands, que cette défaite était chose imméritée, une sorte de maldonne du hasard. Par ses accords avec les pays étrangers, et en particulier avec l’Angleterre, il a achevé le mouvement de renaissance nationale auquel il s’est voué.

Bien des traits demeurent encore mystérieux dans ce mouvement hitlérien dont on a pu dire qu’il était une seconde Réforme, une seconde exaltation de l’« homme allemand ». Sur le plan politique et national, les buts sont avoués, les résultats ne sont pas douteux. Sur le plan social, l’incertitude commence : on ne sait trop