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est délicieuse et les coups d’œil ravissants, mais si je regrette les arbres et les rochers de notre séjour d’été, je n’y regrette personne, car je n’y laisse aucune âme amie.

Tous ceux et toutes celles que j’y ai rencontrés ont laissé mon cœur très indifférent… Oui tous et toutes, à l’exception de la petite Marie, enfant de quatorze ans, dont les beaux yeux noirs m’ont quelquefois inspiré des sujets à méditation… tant pis pour Sidonie si elle est jalouse !

J’aimais aussi le petit Georges. Cet important personnage est microscopique : il a quatre ans ; encore une fois, tant pis pour Sidonie. J’aimais sa grosse tête aux lourdes boucles noires, ses malicieux yeux de jaie, sa lèvre rouge et tendre, sa lèvre qui boude et rit en même temps, et sa joue fraîche et si molle au baiser.

Oui, mais ce sont affections d’un jour qui ne prennent point racine dans le cœur ; on les quitte sans larmes, sans regret ; on les retrouve avec plaisir et sans joie aucune.

… Il m’est toujours pénible de m’éloigner d’un endroit où j’ai passé quelques jours, voire même quelques heures… par l’enthousiasme et la rêverie qu’il m’inspire, j’y laisse, malgré moi, des parcelles de mon âme et c’est, peut-être ce quelque chose de moi que