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cloches africaines dont les suaves vibrations montent vers l’azur puis redescendent sur terre rappelant, appelant, apaisant, consolant…

Nous partons pour la Syrie. Allons, partons ! Depuis déjà plusieurs jours, voire même plusieurs semaines, je suis impatiente de partir. J’ai la nostalgie de l’onde et des montagnes et mon cœur ne tient plus en place. Parfois, il me semble qu’il quitte ma poitrine et me devance vers le large amer, s’abîmant dans les flots tièdes et nonchalants… comme ces mondes, lointains que nous voyons glisser sur les vagues éthérées de la nuit…

Qu’importe la nuit et qu’importe mon cœur ? l’un et l’autre sont profonds, immenses, incompréhensibles et pleins de feux… il s’agit de partir.

Je voudrais seulement pouvoir emmener avec moi mon petit canari dont les douces chansons me réveillaient chaque matin, mais faire voyager une cage avec soi, cela sent trop la petite fille, ce que d’ailleurs je ne suis pas, ni ne voudrais être : quand on songe à publier certains passages de ses écrits on est indiscutablement très grande…