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ACTE V

LE FONDEUR

Eh bien, oui. Va, mais souviens-toi que nous nous rencontrerons au prochain carrefour. (Peer Gynt s’enfuit.)



(Un autre point dans les bols.)


PEER GYNT (hâtant le pas)

Il est écrit : « Le temps c’est de l’argent. » Si seulement je savais où les routes se croisent. Est-ce près, est-ce loin d’ici ? J’ai le feu aux talons. Les pieds me brûlent. Un témoin ! un témoin ! Où en trouver un dans cette forêt. C’est impossible ! Ah ! le monde est fait à la diable ! Essayez donc d’y prouver le droit le plus clair !

(Un vieillard tout courbé vient au-devant de lui, clopin-clopant, un bâton à la main, un sac sur le dos.)


LE VIEILLARD (s’arrêtant)

Un petit sou, mon bon monsieur, à un pauvre diable sans abri !


PEER GYNT

Excusez-moi. Je n’ai pas de petite monnaie.


LE VIEILLARD

Le prince Peer ! Voici donc où l’on se rencontre !


PEER GYNT

Qui es-tu ?