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PEER GYNT

ici, en attendant patiemment le chant matinal du colosse. Puis, mon déjeuner fini, je ferai l’ascension de la pyramide et, si j’ai le temps, j’en étudierai aussi l’intérieur. Ensuite je ferai à pied le tour de la mer Rouge. Peut-être découvrirai-je sur ses côtes le tombeau du roi Putiphar. Et me voici transformé en un fils de l’Asie. À Babylone, je chercherai les vestiges de ses jardins suspendus et de ses prostituées, glorieux témoignages de sa culture ancienne. Puis, d’un bond, je gagnerai les murs de Troie. De Troie, une ligne maritime conduit directement à la vieille et superbe Athènes. Là, je visiterai en détail le défilé que défendit Léonidas et m’initierai aux grandes écoles de philosophie. Je retrouverai la prison où périt Socrate, cette noble victime… Mais non ! c’est vrai ! le pays est on feu ! Eh bien, ce sera pour plus tard. L’hellénisme attendra. (Il regarde sa montre.) Oh ! mais le soleil se fait bien attendre et le temps presse. Je reviens donc à Troie. C’est là que je m’étais arrêté… (Il se lève et écoute.) Quel est ce murmure étrange ?

(Le soleil se lève.)

(La statue de Memnon chante.)

De la cendre des dieux sont nés avec le temps
Des oiseaux chantants.
Ammon, l’autocrate,
Veut que l’on combatte