Page:Ibsen - Peer Gynt, trad. Prozor, 1899.djvu/180

Cette page a été validée par deux contributeurs.
147
ACTE IV

ANITRA (s’approchant)

Prophète et maître !


PEER GYNT

Que veut mon esclave ?


ANITRA

Des fils du désert sont là, devant la tente, demandant à contempler ta face.


PEER GYNT

Halte ! Dis-leur de se tenir à distance. Je ne veux entendre leurs prières que de loin. Dis-leur encore que je ne souffrirai pas d’hommes sous ma tente ! — Les hommes, mon enfant, c’est une misérable espèce, un rebut immonde ! Ô Anitra ! Tu ne sais pas combien ils ont chipé… hem ! je veux dire péché, mon enfant ! Allons ! en voilà assez ! Dansez, ô femmes ! Le Prophète veut chasser les souvenirs pénibles.


LE CHŒUR (dansant)

Le Prophète très bon pleure et se désespère
Sur les péchés commis par les fils de la terre.
Le doux Prophète aux cœurs par le mal engourdis
Rendra vie et chaleur au sein du Paradis.


PEER GYNT (suivant des yeux Anitra qui danse)

Ses jambes remuent, remuent comme baguettes de tambour. Eh, eh ! elle est apétissante, la petite