Page:Ibsen - Peer Gynt, trad. Prozor, 1899.djvu/142

Cette page a été validée par deux contributeurs.
109
ACTE III

AASE

Crois-tu que je l’aie oublié ? Kari nous prêtait son chat, et nous le mettions sur un tabouret.


PEER GYNT

Puis nous partions pour le château de Soria-Maria, tout là-bas, à l’ouest de la lune et à l’est du soleil. Par monts et par vaux, notre chemin nous y conduisait. Pour fouet, nous avions un bâton que tu serrais dans l’armoire.


AASE

Moi, j’étais assise sur le siège, là, au pied du lit.


PEER GYNT

Oui, oui, et, de temps en temps, laissant flotter les guides, tu te détournais pour me demander si je n’avais pas froid. Que Dieu te garde, vieille grondeuse, tu m’aimais bien tout de même ! Qu’as-tu donc à geindre ainsi ?


AASE

C’est le dos qui me fait mal à force d’être couchée sur la dure.


PEER GYNT

Attends ! Là ! Allonge-toi maintenant. Tu es bien comme ça, dis ?


AASE (Inquiète)

Non, Peer, je veux m’en aller !