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D'IBN KHALDOUN. 461

tent plus, et dont les autres font maintenant partie de l'administra- tion temport^'lle ; ainsi le gouvernement des provinces, le vizirat, le commandement de l'armée et l'administration des finances sont dans les attributions du sultanat. Nous parlerons de ceux-ci en leur lieu et place. La direction de la guerre sainte a été supprimée, parce que la plupart des Etats (musulmans) ont discontinué l'usage d'envahir les pays des infidèles. Dans les royaumes où on l'a maintenue, elle compte ordinairement' au nombre des institutions qui dépendent du sultanat. Le syndicat des chérifs n'existe plus; cet office, institué dans le but de vérifier les généalogies (de ceux qui se disaient des- cendants de Mohammed), afin d'autoriser leurs prétentions au kha- lifat ou de constater leur droit à une pension payable par le trésor public^, cessa de fonctionner lors de la chute du khalifat. En somme, nous voyons que, dans la plupart des royaumes (musulmans), les at- tributions du khalifat et ses institutions se trouvent absorbées dans celles de la souveraineté et de l'administration temporelle. C'est la sagesse de Dieu qui dirige les événements.

Sur le titre d'e'm/V el-moiimenîn.

Le titre (ïénu'r el-inoumenin (commandant des croyants) est un des attributs du khalifat. Son emploi ne date pas d'une époque ancienne, mais du temps des premiers khalifes. Après avoir inauguré AbouBekr, les Compagnons et le reste des musulmans le désignèrent par le titre de khalife (lieutenant, successeur) de l'envoyé de Dieu, et ils conti- nuèrent à le nommer ainsi jusqu'à sa mort. Ayant ensuite rendu foi et hommage à Omar, pour se conformer à la volonté d'Abou Bekr, qui l'avait désigné comme son successeur, ils l'intitulèrent le khalife da khalife de l'Envoyé de Dieu. Dès lors, ils paraissent avoir reconnu que cette manière de désigner leurs khalifes deviendrait très-incom- mode, parce que ce titre s'allongerait outre mesure si l'on y ajoutait le mot khalife à chaque nouvelle inauguration et que, par la mulli-

' Pour oJLc fj , lisez j LJLc. rîfs, ou descendants de Mohammed, mais

' La mendicité était défendue aux clié- le trésor public leur faisait une pension.

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