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VOYAGES

[texte arabe]

lui, et je repris : « Est-ce que tu n’es pas Albochry ? — Oui. » Il était arrivé à Dihly avec son oncle maternel, Aboû’l Kâcim de Murcie, et il était alors tout jeune, sans barbe ; mais un étudiant des plus habiles, sachant par cœur le Moouatthâ, ou livre approprié (sur les traditions ; ouvrage célèbre de l’imâm Mâlic). J’avais informé sur son compte le sultan de l’Inde, qui lui donna trois mille dînârs et l’engagea à rester à Dihly. Il refusa, car il voulait se rendre en Chine, pays où il s’acquit une grande renommée et beaucoup de richesses. Il m’a dit qu’il avait environ cinquante pages, ou esclaves mâles, et autant du sexe féminin ; il me donna deux des premiers et deux femmes, ainsi que des cadeaux nombreux. Plus tard, je vis son frère en Nigritie : quelle énorme distance les séparait !

Je restai à Kandjenfoû quinze jours, puis je partis. La Chine, quoique belle, ne me plaisait pas ; au contraire, mon esprit y était fort troublé, en pensant que le paganisme dominait dans cette contrée. Lorsque je sortais de