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rer. Le sultan le sut, il en fut fâché, et se décida à le faire périr. L’émir Cachloû khân fut l’ami du sultan Toghlok, et celui qui l’aida à se saisir du pouvoir. Le sultan Mohammed le vénérait et lui adressait la parole en l’appelant : « Mon oncle » ; il sortait toujours à sa rencontre, lorsque cet émîr arrivait de son pays pour lui rendre visite.


DU SOULÈVEMENT DE CACHLOÛ KHÂN ET DE SA MORT.

Dès que le sultan fut instruit de la conduite de Cachloû khân au sujet de l’inhumation des deux peaux, il l’envoya chercber. Cachloû khân comprit tout de suite que le souverain voulait le châtier ; par conséquent il ne se rendit pas à son invitation, il se révolta, distribua de l’argent, réunit des troupes, expédia des émissaires chez les Turcs, les Afghans et les Khorâçâniens, qui accoururent en très-grande quantité près de lui. Son armée se trouva ainsi égale à celle du sultan, ou même elle était supérieure en nombre. Le souverain de l’Inde sortit en personne pour le combattre, et ils se rencontrèrent à deux journées de Moltân,