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le souverain ordonna de frapper le prédicateur, de telle sorte qu’il en mourut. Que Dieu ait pitié de lui !


DE LA DESTRUCTION DE LA VILLE DE DIHLY ; DE L’EXIL DE SES HABITANTS ; DE LA MORT DONNÉE À UN AVEUGLE ET À UN INDIVIDU PERCLUS.

Un des plus graves reproches qu’on fait à ce sultan, c’est d’avoir forcé tous les habitants de Dihly à quitter leurs demeures. Le motif en fut que ceux-ci écrivaient des billets contenant des injures et des invectives contre le souverain ; ils les cachetaient, et traçaient sur ces billets les mots suivants : « Par la tête du maître du monde (le sultan), personne, excepté lui, ne doit lire cet écrit. » Ils jetaient ces papiers nuitamment dans la salle d’audience, et lorsque le monarque en brisait le cachet, il y trouvait des injures et des invectives à son adresse. Il se décida à ruiner Dihly ; il acheta des habitants toutes leurs maisons et leurs auberges, il leur en paya le prix, et leur ordonna de se rendre à Daoulet Abâd. Ceux-ci ne voulurent d’abord pas obéir ; mais