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des singes anthorpomorphes

par lesquels l’orang-outang ou pygmée ressemble à l’homme plus que ne lui ressemblent les grands et petits singes ; il donne ensuite le résumé, en trente-quatre très-courts alinéas, des particularités par lesquelles « l’orang-outang ou pygmée diffère de l’homme et ressemble davantage au genre des singes sans queue et des petits singes. »

Après un examen attentif de la littérature existant de son temps, sur ce sujet, notre auteur aboutit à cette conclusion que son pygmée n’est identique ni à l’orang de Tulpius et de Bontius, ni au quoias morrou de Dapper (ou plutôt de Tulpius), le Barris de d’Arcos, ni au pongo de Battell ; mais qu’il ressortit à une espèce de singes probablement identiques aux pygmées des anciens, et, ajoute Tyson, quoiqu’il « ne ressemble à l’homme en plusieurs de ses parties plus qu’un genre quelconque de singes ou d’aucun autre animal que je connaisse au monde, cependant je ne puis le considérer comme hybride (mixt generation) ; il forme une bête brute, sui generi, et une espèce particulière de grands singes. »

Le nom de chimpanzé, sous lequel est maintenant si bien connu l’un des grands singes d’Afrique, semblerait avoir été mis en usage dans la seconde moitié du dix-huitième siècle ; mais le seul nouveau document qui ait ajouté, à cette époque, à ce que nous connaissions des singes anthropomorphes de l’Afrique, fait partie du Nouveau voyage en Guinée, par William Smith, ouvrage qui porte la date de 1744.

En décrivant les animaux de Sierra Leone, page 51, cet écrivain dit ; « Je décrirai maintenant une singulière espèce d’animal, appelé mandrill[1] par les blancs de cette

  1. « Mandrill » semble signifier un singe semblable à l’homme, le mot drill ou dril ayant été autrefois usité en Angleterre pour désigner un singe