Page:Hugo - Les Misérables Tome III (1890).djvu/57

Cette page a été validée par deux contributeurs.


que l’élixir d’or n’est autre chose que le perchlorure de fer. M. Gillenormand adorait les Bourbons et avait en horreur 1789 ; il racontait sans cesse de quelle façon il s’était sauvé dans la Terreur, et comment il lui avait fallu bien de la gaîté et bien de l’esprit pour ne pas avoir la tête coupée. Si quelque jeune homme s’avisait de faire devant lui l’éloge de la république, il devenait bleu et s’irritait à s’évanouir. Quelquefois il faisait allusion à son âge de quatrevingt-dix ans, et disait : J’espère bien que je ne verrai pas deux fois quatrevingt-treize. D’autres fois, il signifiait aux gens qu’il entendait vivre cent ans.