Page:Hugo - Les Misérables Tome III (1890).djvu/406

Cette page a été validée par deux contributeurs.


quatre sous par jour ! comment voulez-vous qu’on vive ?

Tout en parlant, Jondrette ne regardait pas M. Leblanc qui l’observait. L’œil de M. Leblanc était fixé sur Jondrette et l’œil de Jondrette sur la porte. L’attention haletante de Marius allait de l’un à l’autre. M. Leblanc paraissait se demander : Est-ce un idiot ? Jondrette répéta deux ou trois fois avec toutes sortes d’inflexions variées dans le genre traînant et suppliant : Je n’ai plus qu’à me jeter à la rivière ! j’ai descendu l’autre jour trois marches pour cela du côté du pont d’Austerlitz !

Tout à coup sa prunelle éteinte s’illumina d’un flamboiement hideux, ce petit homme se dressa et devint effrayant, il fit un pas vers M. Leblanc, et lui cria d’une voix tonnante :

— Il ne s’agit pas de tout cela ! me reconnaissez-vous ?