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— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il, qui est là ?

C’était la fille Jondrette.

— C’est vous ? reprit Marius presque durement, toujours vous donc ! Que me voulez-vous ?

Elle semblait pensive et ne regardait pas. Elle n’avait plus son assurance du matin. Elle n’était pas entrée et se tenait dans l’ombre du corridor, où Marius l’apercevait par la porte entrebâillée.

— Ah çà, répondrez-vous ? fit Marius. Qu’est-ce que vous me voulez ?

Elle leva sur lui son œil morne où une espèce de clarté semblait s’allumer vaguement, et lui dit :

— Monsieur Marius, vous avez l’air triste. Qu’est-ce que vous avez ?

— Moi ? dit Marius.

— Oui, vous.

— Je n’ai rien.

— Si !

— Non.

— Je vous dis que si.

— Laissez-moi tranquille !

Marius poussa de nouveau la porte, elle continua de la retenir.

— Tenez, dit-elle, vous avez tort. Quoique vous ne soyez pas riche, vous avez été bon ce matin. Soyez-le encore à présent. Vous m’avez donné de quoi manger, dites-moi maintenant ce que vous avez. Vous avez du chagrin, cela se voit. Je ne voudrais pas que vous eussiez du chagrin. Qu’est-ce qu’il faut faire pour cela ? Puis-je servir à quelque