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ché, il n’était décidément pas entré dans le groupe présidé par Enjolras. On était resté bons camarades ; on était prêt à s’entr’aider dans l’occasion de toutes les façons possibles ; mais rien de plus. Marius avait deux amis, un jeune, Courfeyrac, et un vieux, M. Mabeuf. Il penchait vers le vieux. D’abord il lui devait la révolution qui s’était faite en lui ; il lui devait d’avoir connu et aimé son père. Il m’a opéré de la cataracte, disait-il.

Certes, ce marguillier avait été décisif.

Ce n’est pas pourtant que M. Mabeuf eût été dans cette occasion autre chose que l’agent calme et impassible de la providence. Il avait éclairé Marius par hasard et sans le savoir, comme fait une chandelle que quelqu’un apporte ; il avait été la chandelle et non le quelqu’un.

Quant à la révolution politique intérieure de Marius, M. Mabeuf était tout à fait incapable de la comprendre, de la vouloir et de la diriger.

Comme on retrouvera plus tard M. Mabeuf, quelques mots ne sont pas inutiles.