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Le Jockey-Club vaut mieux que l’esprit Légion.
Pas de société sans la religion.
Si je n’étais cheval, je voudrais être moine.

— Moi, je voudrais manger parfois un peu d’avoine
Et de foin, soupira le cheval paysan.
Je travaille beaucoup, et je suis, jugez-en
Par ma côte saignante et mon échine maigre,
Presque aussi mal traité que l’homme appelé nègre.
Compter les coups de fouet que je reçois serait
Compter combien d’oiseaux chantent dans la forêt ;
J’ai faim, j’ai soif, j’ai froid ; je ne suis pas féroce,
Mais je suis malheureux.

Mais je suis malheureux.Ainsi parla la rosse.

Le cheval de bataille alors, plein de fureur,
Indigné, bien pensant, dit : — Vive l’empereur !