Ouvrir le menu principal

Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/9

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Pour en faire jaillir un de ces noms sinistres ;
Et des larves de rois, des ombres de ministres,
Richelieu, Louis treize, Arcadius, Rufin,
Fuyaient ; on entendait des voix dire : ― J’ai faim !
J’ai froid ! quand donc viendra le jour ? la terre est noire !
C’était le grand sanglot tragique de l’histoire ;
C’était l’éternel peuple, indigné, solennel,
Terrible, maudissant le tyran éternel.

                                  *

O malédiction, d’où viens-tu, misérable ?
La bouche d’où tu sors, c’est la plaie incurable,
C’est l’égout où le sang filtre en rouges caillots,
C’est l’entaille que font les haches aux billots,