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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/51

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Du présent où moi-même autrefois j’étouffais,
De ce gibet, le droit, de ce charnier, les faits,
De cette vision : Louvre, Cirque, Hippodrome,
Empereurs dégradés de l’empire par Rome,
Pierre et César rompant leur monstrueux hymen,
Papes noirs étendant dans les ombres la main,
Rois excommuniés à chandelles éteintes,
Attentats, échafauds, viol des choses saintes,
Peuples trahis, vendus, livrés, prostitués,
Les Narcisses heureux, les Thraséas tués,
Le despote faisant toujours le personnage
Du crime, du poison, du poignard, du carnage,
De tout ce désespoir fauve et démesuré,
Hélas ! j’entends sortir ce cri : miserere !

Oui, pardonnons. Dieu sait avec quel soin sévère,
Touchant ces fronts d’airain et ces crânes de verre,
Triste, j’examinais ce tas de tout-puissants ;
J’étais là, respirant l’odeur du vieil encens,
Regardant sous le dieu, retournant la médaille ;