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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/50

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Oh ! je me sens parfois des pitiés insondables.
Je gémis sur les grands et sur les formidables,
Sur les démons grondants et sur les dieux tonnants ;
Devant l’accablement des sombres continents,
Devant l’horreur, devant l’antre de nos annales
Difforme et pénétré de lueurs infernales,
C’est à vous que je songe et que je compatis,
Tristesse des tyrans sous la pourpre engloutis,
Souci mystérieux des.rois, mélancolie
Du tigre méditant sur sa morne folie.
Pesant la conscience, observant l’horizon,
Je me prends à douter que le juge ait raison
Et que l’historien tienne le vrai coupable.
Et du passé perdu dans la brume impalpable,