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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/36

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La conscience aveugle y mène l’âme sourde.
A chaque pas qu’on fait, la chair devient plus lourde ;
L’animal sur l’esprit pèse de plus en plus,
Et l’on se sent du souffle universel exclus ;
Aujourd’hui c’est la faute et demain c’est le crime ;
On tuera demain ceux qu’aujourd’hui l’on opprime.

Et l’on descend ainsi que dans un rêve ; et l’air
Est plein de visions ; et, dans un blême éclair,
Tous les masques qui sont l’épouvante du monde,
Le lâche, le félon, le féroce, l’immonde,
Des profils effarés et des visages fous
Flottent...
                          ― C’est toi, Caïn ? Noirs Césars, est-ce vous ?
L’odeur des encensoirs aux odeurs d’ossuaires
Se mêle, et, dans les plis des longs draps mortuaires,
Tous les spectres sont là, sous l’affreux firmament,
Montant et descendant ces degrés