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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/25

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Il s’ignore imbécile, il s’ignore méchant,
Tant dans la voie obscure, hélas, il va penchant !
Il vivra maintenant hors du vrai, dans un songe,
Ayant en lui, dans l’ombre où son rêve le plonge,
La chimère de plus, l’humanité de moins ;
Plein d’opprobres devant tous les peuples témoins,
II, est cynique, il est infâme, il est horrible ;
Il foule de l’azur la frontière impossible ;
Il se suppose au ciel et l’enfer en lui croît ;
Il dit : Tout m’est permis, et seul j’existe. Il croit
Avoir sous ses talons de la poussière d’astres ;
S’il en tire un plaisir, qu’importe cent désastres !
Chaque jour il descend la honte d’un degré ;
Il délire ; il peut bien tourmenter à son gré
Le peuple, puisque Dieu tourmente la nuée ;
Il prend la vierge et fait une prostituée ;
Quoi ! n’est-il pas le roi, le maître, le seigneur ?
L’homme lui doit son sang, la femme son honneur ;
Quoi qu’il fasse, il contient le droit et le mystère ;
S’il lui plaît de manger de la fange, la terre,
Qui l’adorerait loup, l’adorera pourceau ;