Ouvrir le menu principal

Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/24

Cette page n’a pas encore été corrigée


Il sera le passant ivre des hauts sommets.
― Tout ce peuple est à vous ! ― mot terrible ! à mesure
Qu’il y songe, il en sent plus avant la morsure ;
Une stupide joie avec un vaste ennui ;
Quelqu’un qui n’est pas lui se développe en lui ;
L’ignorance en son cœur filtre, marais immonde ;
Que sert de lire un livre étant maître du monde ?
Apprendre, étudier, travailler, à quoi bon
Puisqu’on est roi de France, impeccable, Bourbon ?
Oh ! songer que ce trône et ce sceptre et ce glaive
Aboutissent au vide, à la furie, au rêve,
Que cette clarté perd celui qu’elle conduit,
Et que cette splendeur énorme est de la nuit !

Donc la terre est à lui, les hommes et les femmes !
Toutes les passions l’allument de leurs flammes ;
Sa volonté devient plus fauve à tout moment ;
Il grandit ; et l’on sent poindre lugubrement
L’ongle du tigre au bout des ailes de l’archange ;
Il ne sait même pas qu’il déchoit et qu’il change ;