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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/129

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Un jour le sacré temple humain, le Panthéon,
Jettera son éclipse auguste sur vos dômes,
Mornes villes du mal, Kremlins, Stambouls, Sodomes,
Et l’oubli couvrira de son brouillard glacé
La fourmilière étrange et noire du passé,
Pendant que l’avenir luira, fronton splendide.
Hélas, en attendant, l’homme, sans jour, sans guide,
Prend des précautions contre l’entraînement
De la fraternité, vertigineux aimant ;
Il sent dans sa poitrine une chose suspecte,
Son cœur ; l’homme, humble ou grand, large esprit, âme abjecte,
Tâtant le sort ainsi qu’on suit dans l’ombre un mur,
A peur de la pitié comme d’un puits obscur,
Et préfère la haine, et s’attache à la corde
Du mal pour ne pas choir dans la miséricorde.