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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/127

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A relever Caïphe, à consoler Pilate,
Et c’est là le sommet le plus haut des vertus
Que Socrate expirant soit bon pour Anitus.

Oui ! les désolateurs, ceux-là sont les plus tristes.

Vous pleurez quand Sylla dresse ses mornes listes ;
Vous plaignez les proscrits ; mais vous ne savez pas
Tout ce qu’ils ont d’air pur, d’orgueil, de larges pas,
De respiration fière et de paix sublime,
Tout ce qu’ils ont d’azur au fond de leur abîme,
Et, jetés par les vents sur les écueils amers,
De ressemblance avec le libre flot des mers !
Vous ne vous doutez pas de ces immenses joies,
Subir les durs revers, suivre les âpres voies,
Être chassé, traqué, meurtri, persécuté,
Souffrir pour la justice et pour la vérité !
Vous plaignez les proscrits ; occupez mieux vos larmes,
Plaignez le prescripteur. Soupçon, angoisse, alarmes,