Ouvrir le menu principal

Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/110

Cette page n’a pas encore été corrigée


Quel plaidoyer farouche et quelle rude cause !
La pitié tremble, ayant contre elle tout le cri
Et toute la douleur du genre humain meurtri.

                                  *

O vous, les inconnus, l’irresponsable foule,
Vous sur qui la minute inconsciente coule,
Heureux d’être petits, et sentant quel secours
L’oubli donne aux vivants si confus et si courts,
Ne faisant point un pas qui ne soit effaçable,
N’ayant d’autre souci que d’être grains de sable,
Représentez-vous donc ce que c’est qu’un passant
Qui se croit Absolu, Très-Haut et Tout-Puissant !
Imaginez-vous donc ce que c’est qu’un despote !
Il rit stupidement au peuple qui sanglote ;