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sont assainissantes. Après le 14 juillet, il n’y a plus de Bastille ; après le 10 août, il n’y a plus de royauté. Orages justifiés par l’élargissement de l’azur.

De certaines violences ne sont pas le fait de Paris. L’histoire constatera, par exemple, que ce qu’on reproche au 18 Mars n’est pas imputable au peuple de Paris ; il y a là une sombre culpabilité partageable entre plusieurs hommes ; et l’histoire aura à juger de quel côté a été la provocation, et de quelle nature a été la répression. Attendons la sentence de l’histoire.

En attendant, tous, qui que nous soyons, nous avons des obligations austères ; ne les oublions pas.

L’homme a en lui Dieu, c’est-à-dire la conscience ; le catholicisme retire à l’homme la conscience, et lui met dans l’âme le prêtre à la place de Dieu ; c’est là le travail du confessionnal ; le dogme, nous l’avons dit, se substitue à la raison ; il en résulte cette profonde servitude, croire l’absurde ; credo quia absurdum.

Le catholicisme fait l’homme esclave, la philosophie le fait libre.

De là de plus grands devoirs.

Les dogmes sont ou des lisières ou des béquilles. Le catholicisme traite l’homme tantôt en enfant, tantôt en vieillard. Pour la philosophie l’homme est un homme. L’éclairer c’est le délivrer. Le délivrer du faux, c’est l’assujettir au vrai.

Disons les vérités sévères.


XII


Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité. Être libre, rien n’est plus grave ; la liberté est pesante,