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dessus ; à une certaine heure, le 22 mai 1876, un passant, le premier venu, n’importe qui,-mais n’importe qui, c’est l’histoire,-a mis le pied sur cette chose qui n’avait encore servi qu’à l’empire, et ce passant a délié la langue des faits ; il a employé ce sommet de la gloire impériale à pilorier César ; sur la tribune même où avait été chanté le Tedeum pour le crime, il a donné à ce Tedeum le démenti de la conscience humaine, et, insistons-y, c’est là l’inattendu de l’histoire, du haut de ce piédestal du mensonge, la vérité a parlé.

Les deux empires avaient pourtant triomphé bien longtemps. Et quant au dernier, il s’était déclaré providentiel, qui est l’à peu près d’éternel.

Que ceci fasse réfléchir les conspirateurs actuels du despotisme. Quand César est mort, Pierre est malade.



XI


Paris vaincra Rome.

Toute la question humaine est aujourd’hui dans ces trois mots.

Rome ira décroissant et Paris ira grandissant.

Nous ne parlons pas ici des deux cités, qui sont toutes deux également augustes, mais des deux principes ; Rome signifiant la foi et Paris la raison.

L’âme de la vieille Rome est aujourd’hui dans Paris. C’est Paris qui a le Capitole ; Rome n’a plus que le Vatican.

On peut dire de Paris qu’il a des vertus de chevalier ; il est sans peur et sans reproche. Sans peur, il le prouve devant l’ennemi ; sans reproche, il le prouve devant l’histoire. Il a eu parfois la colère ; est-ce que le ciel n’a pas le vent ? Comme les grands vents, les colères de Paris