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réserver le droit d’examen inhérent au droit d’asile, et ne pas livrer indistinctement les fugitifs à la réaction française, qui les fusille indistinctement.

Et j’avais joint l’exemple au précepte en déclarant que, quant à moi, je maintenais mon droit d’asile dans ma maison, et que, si mon ennemi suppliant s’y présentait, je lui ouvrirais ma porte. Cela m’a valu d’abord l’attaque nocturne du 27 mai, ensuite l’expulsion en règle. Ces deux faits sont désormais connexes. L’un complète l’autre ; le second protège le premier. L’avenir jugera.

Ce ne sont pas là des douleurs, et je m’y résigne aisément. Peut-être est-il bon qu’il y ait toujours un peu d’exil dans ma vie.

Du reste, je persiste à ne pas confondre le peuple belge avec le gouvernement belge, et, honoré d’une longue hospitalité en Belgique, je pardonne au gouvernement et je remercie le peuple. VICTOR HUGO.


§8

En présence des falsifications catholiques et doctrinaires, M. Victor Hugo a adressé cette dernière lettre à l’ Indépendance belge :

Luxembourg, 6 juin 1871.

Monsieur,

Permettez-moi de rétablir les faits.

Le 25 mai, au nom du gouvernement belge. M. d’Anethan dit :

« Je puis donner à la Chambre l’assurance que le gouvernement saura remplir son devoir avec la plus grande fermeté et avec la plus grande vigilance ; il usera des pouvoirs dont il est armé pour empêcher l’invasion sur le sol de la Belgique de ces gens qui méritent à peine le nom