Page:Hugo - Actes et paroles - volume 5.djvu/165

Cette page n’a pas encore été corrigée


alla faire son rapport à ses chefs. Le commissaire de police de la quatrième division, M. Cremers, est venu dans la matinée, et l’enquête paraît avoir été commencée.

« Cependant, je dois dire qu’aujourd’hui 30 mai, le procureur du roi n’a pas encore paru place des Barricades.

« L’enquête, outre les faits que nous venons de raconter, aura à éclaircir l’incident mystérieux d’une poutre portée par deux hommes en blouse, à destination inconnue, et saisie rue Pachéco par deux agents de police, au moment même où le troisième assaut avait lieu et où le cri : Enfonçons la porte ! se faisait entendre devant la maison de M. Victor Hugo ; des deux porteurs de la poutre, l’un avait réussi à s’échapper ; l’autre, arrêté, a été délivré violemment et arraché des mains des agents par sept ou huit hommes apostés au coin d’une rue voisine de la place des Barricades. Cette poutre a été déposée, le dimanche 28 mai, au commissariat de police, 4° section, rue des Comédiens, 44.

« Tels sont les faits.

« Je m’abstiens de toute réflexion. Les lecteurs jugeront.

« Je pense que la libre presse de Belgique s’empressera de publier cette lettre.

« Recevez, monsieur, l’assurance de mes sentiments distingués.

« FRANÇOIS-VICTOR HUGO.

Bruxelles, 30 mai 1871. »


§3

En présence de ce fait, qui constitue un crime qualifié, attaque à main armée la nuit d’une maison habitée, que fit le gouvernement belge ? Il prit la résolution suivante : (N° 110,555.)

LÉOPOLD II, roi des belges,

À tous présents et à venir, salut.

Vu les lois du 7 juillet 1835 et du 30 mai 1868,

De l’avis du conseil des ministres,

Et sur la proposition de notre ministre de la justice,

Avons arrêté et arrêtons :