Page:Hugo - Actes et paroles - volume 5.djvu/135

Cette page n’a pas encore été corrigée



II PAS DE REPRÉSAILLES

Cependant les hommes qui dominaient la Commune, la précipitent, sous prétexte de talion, dans l’arbitraire et dans la tyrannie. Tous les principes sont violés. Victor Hugo s’indigne, et sa protestation est reproduite par toute la presse libre de l’Europe. La voici :


    Je ne fais point fléchir les mots auxquels je crois,
    Raison, progrès, honneur, loyauté, devoirs, droits.
    On ne va point au vrai par une route oblique.
    Sois juste ; c’est ainsi qu’on sert la république ;
    Le devoir envers elle et l’équité pour tous ;
    Pas de colère ; et nul n’est juste s’il n’est doux.
    La Révolution est une souveraine ;
    Le peuple est un lutteur prodigieux qui traîne
    Le passé vers le gouffre et l’y pousse du pied ;
    Soit. Mais je ne connais, dans l’ombre qui me sied,
    Pas d’autre majesté que toi, ma conscience.
    J’ai la foi. Ma candeur sort de l’expérience.
    Ceux que j’ai terrassés, je ne les brise pas.