Page:Hugo - Actes et paroles - volume 5.djvu/119

Cette page n’a pas encore été corrigée



( L’honorable membre qui se trouve, en descendant de la tribune, au pied du bureau sténographique situé à l’entrée du couloir de gauche, saisit la plume de l’un des sténographes de l’Assemblée et écrit, debout, sur le rebord extérieur du bureau, sa lettre de démission au président. )

M. LE GÉNÉRAL DUCROT.-Messieurs, avant de juger le général Garibaldi, je demande qu’une enquête sérieuse soit faite sur les faits qui ont amené le désastre de l’armée de l’est. ( Très bien ! très bien !)

Quand cette enquête sera faite, nous vous produirons des télégrammes émanant de M. Gambetta, et prouvant qu’il reprochait au général Garibaldi son inaction dans un moment où cette inaction amenait le désastre que vous connaissez. On pourra examiner alors si le général Garibaldi est venu payer une dette de reconnaissance à la France, ou s’il n’est pas venu, plutôt, défendre sa république universelle. ( Applaudissements prolongés sur un grand nombre de bancs. )

M. LOCKROY.-Je demande la parole.

M. LE PRÉSIDENT.-M. Victor Hugo est-il présent ?

Voix diverses. -Oui ! -Non ! il est parti !

M. LE PRÉSIDENT.-Avant de donner lecture à l’Assemblée de la lettre que vient de me remettre M. Victor Hugo, je voulais le prier de se recueillir et de se demander à lui-même s’il y persiste.

M. VICTOR HUGO, au pied de la tribune.-J’y persiste.

M. LE PRÉSIDENT.-Voici la lettre de M. Victor Hugo ; mais M. Victor Hugo… ( Rumeurs diverses. )

M. VICTOR HUGO.-J’y persiste. Je le déclare, je ne paraîtrai plus dans cette enceinte.

M. LE PRÉSIDENT.-Mais M. Victor Hugo ayant écrit cette lettre dans la vivacité de l’émotion que ce débat a soulevée, j’ai dû en quelque sorte l’inviter à se recueillir lui-même, et je crois avoir exprimé l’impression de l’Assemblée. ( Oui ! oui ! Très bien !)

M. VICTOR HUGO.-Monsieur le président, je vous