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abaissement. Nous ferions comme celui qui, sans y être contraint, mettrait en terre le deuxième genou.

Au contraire, relevons la France.

Le refus des démissions des représentants alsaciens et lorrains la relèvera. Le traité voté est une chose basse ; ce refus sera une grande chose. Effaçons l’un par l’autre.

Dans ma pensée, à laquelle certes je donnerai suite, tant que la Lorraine et l’Alsace seront séparées de la France, il faudrait garder leurs représentants, non seulement dans cette assemblée, mais dans toutes les assemblées futures.

Nous, les représentants du reste de la France, nous sommes transitoires ; eux seuls sont nécessaires.

La France peut se passer de nous, et pas d’eux. À nous, elle peut donner des successeurs ; à eux, non.

Son vote en Alsace et en Lorraine est paralysé.

Momentanément, je l’affirme ; mais, en attendant, gardons les représentants alsaciens et lorrains.

La Lorraine et l’Alsace sont prisonnières de guerre. Conservons leurs réprésentants. Conservons-les indéfiniment, jusqu’au jour de la délivrance des deux provinces, jusqu’au jour de la résurrection de la France. Donnons au malheur héroïque un privilège. Que ces représentants aient l’exception de la perpétuité, puisque leurs nobles pays ont l’exception de l’asservissement.

J’avais d’abord eu l’idée de condenser tout ce que je viens de vous dire dans le projet de décret que voici :

( M. Victor Hugo lit )

DÉCRET

ARTICLE UNIQUE

Les représentants actuels de l’Alsace et de la Lorraine gardent leurs siéges dans l’Assemblée, et continueront de